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Août 2009

Portrait réalisé en 2009.
Les informations sont susceptibles d'avoir évolué.
N'hésitez pas à consulter la fiche « producteur ».



Gilles DE CATUELAN

Céréales et pension de chevaux à Adainville (78).


Quand la terre impose ses lois...

Nichée en bordure de la forêt de Rambouillet, à Adainville, l’exploitation agricole de Gilles DE CATUELAN donne d’abord aux visiteurs l’image d’une situation privilégiée. Le milieu naturel y est d’ailleurs d’une qualité telle que la forêt de Rambouillet est classée en forêt de protection depuis cette année et que la moitié de la surface de l’exploitation se trouve en zone Natura 2000.

Les apparences sont trompeuses car, en réalité, la qualité des terres, comme dans une bonne partie du pays de Houdan, y est suffisamment médiocre pour que la culture des céréales ne permette pas à elle seule de faire vivre l’exploitation. Etre agriculteur en Ile-de-France impose donc parfois de faire preuve de ténacité et d’inventivité, à l’image de M. DE CATUELAN, qui, pour compléter sa production céréalière, propose une pension de chevaux, mettant ainsi à profit l’environnement forestier immédiat.


La diversification, un passage obligé

Depuis ses débuts d’agriculteur, M. DE CATUELAN a toujours élevé des animaux parallèlement à la culture des céréales. A la fois par goût, parce qu’il a « une âme d’éleveur », et parce que la mauvaise qualité de ses sols l’oblige à trouver de la valeur ajoutée en diversifiant son activité. Sans les animaux, le résultat économique dégagé par l’activité ne lui « permettrait pas de vivre ».

A la reprise de l’exploitation paternelle, en 1981, ce sont des bovins à viande. A partir de 1991, la volaille de Houdan fait son apparition sur l’exploitation. Réputée pour la finesse de sa chair, cette race ancienne et locale fait alors l’objet d’un projet de relance collectif dans le pays de Houdan. La démarche aboutit à l’obtention d’un Label Rouge, qui reconnaît la spécificité et la qualité de cette production. Regroupant une dizaine d’éleveurs, une société de distribution gère l’abattage et la commercialisation des animaux. Au fil des années, la difficulté à valoriser économiquement la volaille de Houdan se fait jour pour l’ensemble des producteurs investis : cycle de production plus long que les autres races de volailles, productivité moindre, coût de production important.


Interpellé par des demandes récurrentes pour accueillir des chevaux sur ses prairies, Gilles DE CATUELAN décide d’abandonner la production de volailles en 2002 et de développer une pension de chevaux. Il transforme les poulaillers en boxes pour chevaux et apprend progressivement par lui-même les ficelles de l’élevage équin. De deux chevaux au début, la pension est maintenant passée, après la construction de deux nouveaux bâtiments, à un potentiel d’accueil de trente chevaux.

M. DE CATUELAN ne prévoit pas de s’arrêter en si bonne voie. Ainsi il souhaite pérenniser et valoriser l’activité équine en construisant un manège couvert et en développant un parcours de cross sur une des parcelles forestières qu’il possède.



Entre organisation et savoir-faire

Les productions végétales

L’exploitation agricole de M. DE CATUELAN comprend 100 hectares cultivables : 10 hectares de jachère permanente, 23 hectares de prairies permanentes et 67 hectares de blé, orge, avoine et colza. A cela s’ajoutent 70 hectares de bois, dont la gestion est confiée à une entreprise spécialisée.

Pour 60% les terres de cultures sont de mauvaise qualité, avec des taux d’argile à environ 8% pour les meilleures, à 3,5% pour les autres. Les rendements en pâtissent nécessairement. Par exemple, sur les cinq dernières années, le rendement obtenu en blé a été en moyenne de 55 quintaux par hectare, alors qu’il se situe à environ 78 quintaux pour l’ensemble de la région francilienne. Dès lors, et malgré toutes les possibilités d’amender les sols, on comprend la difficulté à mettre en valeur une telle surface.

Aussi surprenant que cela paraisse, les liens de complémentarité entre les productions végétales et la pension de chevaux de M. DE CATUELAN sont peu nombreux. Pour l’essentiel, les céréales sont livrées en coopérative car les clients se font eux-mêmes livrer la nourriture des chevaux par des prestataires extérieurs. D’autre part, afin de maintenir au mieux la qualité actuelle des sols, M. DE CATUELAN se voit contraint d’enterrer sa paille après récolte et d’acheter la paille pour la litière des chevaux à un agriculteur voisin.

Par contre, le foin provient dans sa totalité de l’exploitation. La coupe des prairies, comme la récolte des céréales, n’est d’ailleurs pas toujours de tout repos, car, avec la proximité du massif forestier de Rambouillet, les dégâts de gibier dans les parcelles se multiplient : les experts chargés de les estimer finissent par bien connaître la ferme...


Une pension toute en mouvements

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, proposer une pension pour chevaux ne se limite pas à fournir l’abri et le couvert ! Aujourd’hui le temps dédié à cette seule activité se monte au quotidien à six heures de travail. Cela a conduit l’année dernière à l’embauche d’une salariée à mi-temps pour l’entretien des boxes. Il s’agit en effet de changer la litière paillée tous les jours, de nettoyer les boxes, de veiller à l’alimentation, à l’exercice des animaux, mais aussi à leur santé, M. DE CATUELAN réalisant lui-même la plupart des traitements vétérinaires.

On comprend alors que, si l’activité, par les rentrées financières mensuelles qu’elle génère, apporte une relative sécurité en terme de trésorerie, elle se révèle vite dévoreuse de temps. M. DE CATUELAN avoue même que l’activité est « mouvementée », réservant « des surprises quotidiennes » !


Pourtant, les clients sont fidèles, puisque, sur les 25 animaux présents aujourd’hui dans la pension, 20 étaient déjà là lors du lancement, il y a quatre ans. La durée des contrats de pension est d’ailleurs illimitée !


Economie de la pension

Quand le taux de remplissage est à son maximum, la pension de chevaux permet de générer à peu près la moitié du chiffre d’affaires de l’exploitation agricole, et environ 75% du résultat net. La pension se révèle donc vitale pour le maintien de l’ensemble de l’activité agricole dans ce territoire difficile.

Aujourd’hui, M. DE CATUELAN propose ses services à une clientèle de particuliers situés dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres, pour une pension en pré ou en box.

Si vous êtes intéressés par la pension, ou plus simplement par la pratique du cross en milieu forestier, n’hésitez pas à prendre contact avec M. DE CATUELAN !


Informations

Gilles DE CATUELAN

30 bis route du Mesle
78113 Adainville
Tél : 01.34.94.43.64
Email : de-catuelan.gilles@orange.fr




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