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Sylviculture (production forestière)

Présentation

Selon l'inventaire réalisé en 2003, par l'Inventaire Forestier National en Ile-de-France Ouest, la surface boisée a progressé d'environ 8 000 hectares depuis 1978. Le taux de boisement est donc passé pour l'Ile-de-France Ouest, de 21.8% en 1978 à 23.5% en 1994. En 2010, la surface de forêt en Ile-de-France est estimée à 259 000 hectares.

Avec une surface de forêts estimée à 278 722 hectares (source : IAU îdF Mos 2008) ou à 269 000 hectares (source : IFN 2010 – campagnes d'inventaire 2005 à 2009), l'Île-de-France est la 19ème région forestière de France métropolitaine. Son taux de boisement de 23% la situe légèrement en dessous de la moyenne nationale (26%).

Répartition de forêts

  Publique Privée Total (ha)
Forêt 81000 176000
Autre végétation 706000 -
Eaux et terrains sans production végétale - 219000
Total    

Source : IFN, 2010

Si les taux de boisement sont satisfaisants, on constate que, face à la forte population francilienne, elle subit une pression considérable quel que soit le propriétaire, surtout en périphérie des grandes agglomérations.

  • Une forêt à dominante privée : 69% de la surface

L'arboriculture fruitière n'occupe qu'une part réduite de la superficie agricole, à peu près 0.4%, et cette part tend à se réduire. De l'ordre de 60% des arboriculteurs ont disparu entre 1988 et 2000, après un recul de l'ordre de 50% entre 1979 et 1988. La diminution du nombre de producteurs s'est accompagnée d'une nette augmentation des surfaces moyennes : 5.6 hectares en 2000 contre 3.6 hectares en 1988, les producteurs ayant disparu étant les plus petits ou les moins spécialisés.

Les surfaces en vergers ont, elles aussi, considérablement diminué : elles étaient presque trois fois plus importantes en 1988. Cette évolution est liée au contexte périurbain, défavorable du fait de ses surcoûts et des contraintes spécifiques, aggravée par une rare série d’accidents climatiques (grêles et gels), dont le dernier en date fut le gel de printemps de 2008, qui avait été précédé par des épisodes de sécheresse en 2003 et 2006. Il s'y ajoute un marasme commercial ne permettant plus le renouvellement des plantations (coût élevé de l’arrachage et de la replantation, tenant compte des premières années non productives).

Production et commercialisation

Trois classes de propriétés sont à distinguer :

  • les forêts de l'Etat (forêts domaniales gérées par l'Office Nationale des Forêts), qui sont très connues en Ile-de-France
  • les forêts des collectivités locales (régionales, départementales et communales)
  • les forêts privées (très morcelées, avec une surface moyenne d'environ 1.09 hectares par propriété)
  Forêt privée Forêt publique Total (ha)
Ile-de-France Ouest 43000 85000
Seine-et-Marne 39000 101000
Total Ile-de-France    

Source : IFN, 2010

L'offre en surface de forêts publiques est très hétérogène, et les forêts de proximité sont particulièrement rares sur Paris et sa Petite Couronne.

Diversité

Les principales forêts domaniales pour l'Ile-de-France sont :

  • Yvelines
    • Rambouillet : 14 700 ha
    • Marly : 2 000 ha
    • Versailles : 1 100 ha
    • Saint Germain : 3 500 ha
    • l'Hautil : 400 ha
  • Essonne
    • Dourdan : 1 600 ha
    • Verrières : 570 ha
  • Val d'Oise
    • Montmorency : 2 000 ha
    • L'Ile-Adam : 1 500 ha
    • Carnelle : 1 000 ha
  • Paris et la Petite Couronne
    • les bois de Boulogne et de Vincennes : 1 800 ha
    • le domaine public de Paris
    • Meudon : 1 100 ha
    • Fausses-Reposes : 600 ha
    • Malmaison : 200 ha

Les principales forêts régionales pour l'Ile-de-France sont :

  • Yvelines
    • Forêt de Rosny : 1 230 ha
    • Forêt de Verneuil : 160 ha
    • Meridon : 180 ha
  • Essonne
    • Forêt de Cheptainville : 80 ha
    • Forêt d'Etrechy : 100 ha
    • Forêt de Saint Vrain: 120 ha
  • Val d'Oise
    • Butte de Parisis : 240 ha
    • Bois de Galluis : 220 ha
    • Forêt de la Roche-Guyon (78 et 95) : 470 ha
    • Forêt de Taverny : 40 ha
    • Forêt de la Butte Pinson : 39 ha
  • Paris et la Petite Couronne
    • Forêt Notre-Dame : 2 020 ha
    • Forêt de Grosbois : 150 ha
    • Forêt du Plessis-Saint-Antoine : 100 ha
    • Forêt de Bondy et Parc forestier de Sevran : 137 ha

Particularité de la Forêt Privée en Ile-de-France


Même si elle couvre presque 100 000 hectares en Ile-de-France, et constitue un élément d'une grande diversité du paysage de la région, cette forêt privée, par définition, n'est pas ouverte au public (sauf autorisation du propriétaire et sites aménagés pour la visite de monuments historiques). Très morcelée, répartie en périphérie des grands massifs publics, comme sur le massif de Rambouillet (14 700 hectares de forêts publiques et 16 000 hectares de forêts privées), mais également disséminée dans les vallées, sur les coteaux et les plaines d'Ile-de-France, elle est rarement close et de fait parcourue par de nombreux franciliens. Cette fréquentation est tolérée par une majorité de propriétaires, mais il n'en reste pas moins que toutes cueillettes, ramassages et récoltes sont interdits, sauf accord du propriétaire, ce qui est rarement respecté.

On ne peut que constater une augmentation constante de fréquentation de ces forêts privées, elle s'accompagne malheureusement de certaines nuisances (dépôts sauvages d'ordures, dégradations de végétaux, prélèvements excessifs de champignons, fruits et fleurs) contre lesquels les propriétaires sont démunis.

La périurbanité des forêts privées d'Ile-de-France et leur important morcellement rendent les actes de gestion plus complexes, avec des coûts d'intervention plus élevés et des problèmes d'usage de réseaux routiers locaux aux vocations devenues strictement urbaines. Les propriétés de plus de 25 hectares représentent une surface d'environ 31 600 hectares pour l'Ile-de-France. Celles-ci doivent obligatoirement posséder un document planifiant les interventions sylvicoles, le Plan Simple de Gestion (PSG). Ce Plan Simple de Gestion peut être volontaire pour les propriétés de 10 à 25 hectares. Toute parcelle boisée qui n'est pas régie par ce document de gestion est soumise, quand elle est située en zone ND, d'un Plan Local d'Urbanisme à l'avis des Directions Départementales de l'Agriculture et de la Forêt pour les coupes.

  • Une forte prépondérance de feuillus

Pour l'Ile-de-France, la répartition par type de formations boisées se compose de la façon suivante :

  • peuplements feuillus : 91% de la surface boisée
  • futaie de feuillus : 49.7% de la surface boisée
  • futaie de conifères : 5.7% de la surface boisée
  • futaie mixte feuillus – conifères : 1.5% de la surface boisée
  • mélange futaie – taillis de feuillus : 28.7% de la surface boisée
  • taillis de feuillus : 12.5% de la surface boisée

Essences forestières

Pour un volume sur pied de 20 734 600 m3 en Ile-de-France, au dernier inventaire IFN 2003, la répartition en volume sur pied est de 37.5% en forêt publique, et 62.5% en forêt privée.

  Forêt privée Forêt publique
Chêne rouvre 27.6% 37.7%
Chêne pédonculé 14.6% 9.7%
Châtaignier 15.1% 24.5%
Frêne commun 8.7% 1.6%
Erables (3 espèces) 4.3% 1.7%
Hêtre 0.8% 4%
Tilleul 1.7% 1.7%
Charme, bouleau, tremble et robinier 13.9% 10.5%
Peupliers non cultivés 0.7% 0%
Autres feuillus 1.6% 0.5%
Total feuillus
Pin sylvestre 3.9% 4.7%
Autres conifères 2.2% 1.9%
Total conifères

Source : IFN, 2003

La récolte de bois en Ile-de-France

La récolte de bois s’est élevée en moyenne sur la période 1993-2003 à 257 000 m3. Cependant, la production, qui a connu un pic en 2000 après la tempête de décembre 1999, est en déclin régulier depuis. La récolte 2003 est la plus faible de ces dix dernières années, avec seulement 151 000 m3.

La récolte de bois d’industrie est traditionnellement plus importante (56% de la production en moyenne) que celle de bois d'oeuvre (37%). Les forêts de l'ouest parisien font partie du bassin d’approvisionnement d’industries (fabriques de panneaux et papeteries) extérieures à la région Ile-de-France (régions limitrophes et Belgique). Elles intéressent moins les utilisateurs de grumes (scieries) de ces départements.


Cette récolte de bois d’industrie est composée de feuillus en grande majorité (87% pour l’année 2003). Concernant le bois d’oeuvre, le chêne est depuis quelques années la principale essence récoltée, devant le châtaignier. Le bois de feu ne représente qu’une petite partie de la production déclarée (12 000 m3 en 2003, soit 8% de la récolte totale), mais la production « réelle » de bois de chauffage est certainement nettement supérieure, bien que difficilement quantifiable.


  • Volume de production (en m3 bois fort)

Cette production correspond à l'accroissement (quantité de matière fabriquée sur tous les peuplements de l'Ile-de-France en m3/an), plus le recrutement des jeunes arbres atteignant un diamètre de 7.5 cm sur une année. Cette production courante est de 783 750 m3/an, dont 508 550 m3/an en forêt privée et 275 200 m3/an en forêt publique.

Même si certaines contraintes de gestion propre à l'Ile-de-France, sont liées à la périurbanité, la structure de la propriété, la gestion plus soucieuse des milieux et paysages, on peut constater que la récolte est très inférieure à la production courante. En tenant compte de ces particularités de l'Ile-de-France, on peut estimer que le taux de prélèvement peut être de 50 à 60% de la production courante, soit 380 000 à 470 000 m3/an de volume disponible en bois d'oeuvre et bois d'industrie, et ainsi maintenir une forêt équilibrée et pérenne en assurant une production satisfaisante pour la filière bois.